Mercredi 27 janvier 2010. Il y a 65 ans l'Armée rouge libérait le camp d'Auschwitz. Ce jour là, Henri Borlant n'est plus derrière les barbelés. Il a fait partie il y a quelques semaines de ceux qui ont déjà été évacués par les nazis vers d'autres camps. C'est seulement le 3 avril de cette année 1945 qu'il retrouve la liberté. Avec un camarade il s'évade du camp d'Ohrdruf, une annexe de Buchenvald. Ils vont alors au devant des premiers soldats américains. Ils leur demandent de les accompagner dans le camp abandonné par les ss, jonché de cadavres.
Henri Borlant a perdu une partie de sa famille à Auschwitz. Notamment son père, juif russe qui avait cru trouver en France la tranquillité. Souci d'intégration allant jusqu'à choisir un nom français. Le petit Henri et tous ses proches vivaient sans inquiétude à la campagne près d'Angers. Mais l'Etat français, c'est à dire Vichy, acteur sans le moindre état d'âme de la collaboration a décidé, là comme ailleurs, en juillet 1942 de rafler les familles juives pour les remettre au plus vite aux autorités allemandes. Quelques jours plus tard après un épouvantable voyage dans des wagons plombés, le convoi, celui là et tant d'autres, a eu pour terminus Auschwitz, tout là bas en Pologne. Henri vient d'avoir 15 ans.
Henri Borlant a survécu trois ans, au retour il a commencé des études et est devenu médecin. C'est en 1992 seulement qu'il a accepté de témoigner, simplement parce que c'est dans ces années là qu'on a commencé à lui poser des questions.
Pour Défi Futur il a accepté de réfléchir à la valeur du témoignage, et à ce qu'il doit être les prochaines années. Il répond aussi à ce Défi : comment parlera t'on de la Shoah lorsqu'il n'y aura plus de survivants ?
Merci pour le temps et l'attention qu'il m'a consacrés. Merci pour ses mots, et les idées qu'il défend avec tant de pertinence et d'intelligence. Il est un "Témoin du futur"que nous n'aurons jamais fini d'écouter, et de réécouter.
Egalement : "La libération d'Auschwitz", Patrice Gélinet "2.000 ans d'histoire" 22 janvier 2010 http://www.franceinter.com [1]
Pascal Delannoy
24 janvier 2010
Depuis 2006, le Centre européen du résistant déporté propose une ressource historique, pédagogique et pratique en ligne pour compléter vos connaissances, accompagner la préparation de votre visite au Struthof, ou la compléter ensuite. Aujourd'hui, le site http://struthof.fr [2] s'enrichit d'un domaine dédié à la visite virtuelle de l'ancien camp :
http://visite-virtuelle.struthof.fr [3]
Partant de la gare de Rothau, où arrivaient les déportés, pour suivre ensuite les chemins, les routes, les sites qui faisaient hier le camp de Natzweiler et aujourd'hui le site de mémoire nationale et européenne, ces vues panoramiques sont les paysages mêlés de l'histoire et du souvenir.
Ne parcourez pas seulement les lieux. Accompagnez votre découverte de la lecture d'un témoignage ou d'une monographie historique.
Que chaque lieu vous permette d'apprendre et de comprendre, d'être vous-même ensuite passeur d'histoire.
Le site http://struthof.fr [2] et son domaine associé http://visite-virtuelle.struthof.fr [3] sont une propriété du Ministère de la défense, France.
Visite virtuelle : Clichés Geoffrey MORELLE – réalisation ARTIFICA – plan-interactif.com
Liens:
[1] http://www.franceinter.com/
[2] http://struthof.fr/
[3] http://visite-virtuelle.struthof.fr/