Tokyo

Asie

Tout est allé très vite vendredi matin. Au Japon, dans les minutes qui ont suivi la première secousse, les télévisions locales, puis américaines, et dans la foulée le monde entier s’est branché sur les webcams, notamment à Tokyo. Il y a eu aussi, prises d’hélicoptère, ces vues dans le Nord du pays avec des vagues géantes emportant tout. Là on parle bien de télévision, et donc de direct… en quelque sorte, si l’on peut dire « le tout venant » sans intervention d’un professionnel –je pense bien sûr aux journalistes choisissant ce qu’il faut montrer ou pas-. Vous avez peut être, vous-mêmes, suivi ces images, à la limite gênantes. En effet à tout instant on pouvait s’attendre à voir des victimes emportées par la déferlante. Mais les hélicoptères, et donc les caméras, se sont tenus à distance, en tout cas pour ce que j’ai pu en juger moi-même.

Puis le temps de la photo est venu. Pas tout de suite car les clichés notamment sur les sites de la presse ont été avant tout des captures d’images télé.

Enfin il y a eu la mise en avant du travail des professionnels, avec une valeur essentielle : leur responsabilité.

Tout cela bien sûr au milieu des milliers et des milliers de photos prises par les japonais eux-mêmes, devenus à leur tour reporters.

C’est tout cela qui a fait une fois de plus l’information, mais à l’évidence, le pouvoir de l’instantané est de plus en plus grand. Raison de plus pour souhaiter que les photographes professionnels gardent toute leur place. Comme on l’a vu après le tremblement de terre en Haïti, l’an dernier : ils nous apportent une dimension indispensable.

Sans eux, pas de véritable information. Ce lundi matin ce sont surtout des visages qui nous font approcher les tourments de toute une population. Comme celui à la Une de Libération. Cette jeune fille qui serre sur son visage un masque. Des yeux au bord des larmes sont soulignés par le titre choisi par le quotidien : « L’effroi ». Ce regard, dans tous les sens du mot, nous bouleverse.